Diagnostic génétique des néphropathies hypertensives précoces : un tournant pour les patients 

L’hypertension artérielle est l’une des principales causes de maladie rénale chronique. Pourtant, chez certains adultes jeunes présentant une hypertension sévère ou précoce, l’origine exacte de l’atteinte rénale reste difficile à établir. Une étude récente publiée dans American Journal of Nephrology (Serre et al., 2024), à laquelle Eurofins Biomnis a contribué, apporte un éclairage nouveau sur ces situations. 

  

Comprendre les néphropathies hypertensives précoces 

Dans la pratique clinique, le diagnostic de « néphropathie hypertensive » est souvent posé lorsque l’hypertension et l’insuffisance rénale coexistent, même en l’absence d’arguments formels. Cependant, chez les adultes jeunes, cette étiquette peut masquer une maladie rénale héréditaire sous-jacente. 

L’étude menée par les équipes hospitalières de Tenon et Eurofins Biomnis visait à déterminer la part réelle des maladies génétiques dans ces tableaux cliniques. 

  

Le séquençage d’exome : un outil clé 

Un séquençage d’exome chez 128 adultes présentant une hypertension sévère ou précoce associée à une atteinte rénale inexpliquée a été réalisé. 

Dans cette cohorte, 15% des patients présentaient en réalité une maladie rénale génétique sous-jacente, remettant en question le diagnostic initial de « néphropathie hypertensive » potentiellement posé par défaut. 

Si l’on inclut les génotypes APOL1 à haut risque (homozygotes ou hétérozygotes composites pour les haplotypes G1 et G2), retrouvés chez 25 % des patients d’ascendance africaine mais non comptabilisés dans le taux diagnostique, le rendement réel de l’analyse génétique est en fait plus élevé. Leur exclusion conduit mécaniquement à un taux diagnostique apparent plus faible dans cette population.  

Avec cette intégration de résultats, près d’un tiers des patients présentaient un variant génétique pathogène expliquant leur néphropathie. Les gènes causaux identifiés concernaient des maladies glomérulaires (COL4A3/4/5), tubulo-interstitielles (UMOD, HNF1B), kystiques (PKD1/PKD2, IFT140) ou métaboliques. Ainsi, dans ces cas le diagnostic initial de néphropathie hypertensive était erroné. 

Ces données montrent que la génétique permet d’identifier des maladies rénales héréditaires qui n’auraient pas été identifiées par les approches traditionnelles.  

  

Un bénéfice direct pour les patients 

L’identification d’une cause génétique a des implications majeures pour les patients avec l’adaptation de leur prise en charge, l’anticipation de leur évolution, l’optimisation de la transplantation, l’information et le dépistage familial, et il permet de réduire l’errance diagnostique. 

  

La contribution d’Eurofins Biomnis 

Eurofins Biomnis a réalisé les analyses génétiques de l’étude, mobilisant son expertise : en séquençage haut débit, en interprétation de variants et en diagnostic des maladies rénales héréditaires. 

Cette collaboration illustre la capacité d’Eurofins Biomnis à accompagner les équipes cliniques dans des projets de recherche translationnelle, l’importance de la génétique dans les maladies rénales complexes, l’engagement du laboratoire à améliorer le diagnostic et la prise en charge des patients. 

  

Vers un changement de paradigme 

L’étude plaide pour intégrer plus systématiquement la génétique dans l’évaluation des hypertensions sévères ou précoces, en particulier lorsque l’atteinte rénale est disproportionnée ou inexpliquée. 

Eurofins Biomnis accompagne pleinement cette évolution en déployant des tests spécialisés, des analyses d’exome interprétées par des experts en néphrogénomique et des technologies de pointe comme le séquençage long read pour les gènes complexes (MUC1, PKD1…), dans une démarche d’amélioration continue de la qualité et de l’innovation, à l’écoute des prescripteurs et pour le bien être des patients.